Contraception : vous avez dit « libération sexuelle » ? Mais où est la liberté quand on est dans l’ignorance totale ? L’un des plus gros inconvénients des pilules, stérilets, implants, anneaux, etc… (outre les risques pour la santé), réside dans le fait que la femme a le sentiment de vivre « à côté d’elle-même », en trompant son corps (ce qui est vrai dès qu’elle absorbe ces hormones), et même amputée d’une partie profonde d’elle-même (ce qui est juste aussi, puisqu’elle est rendue artificiellement stérile : sa fécondité naturelle est empêchée). Elle en vient peu à peu à l’impression (plus ou moins consciente) d’être devenue un objet pour son compagnon, qui peut alors « assouvir » ses besoins sexuels « sans risque », et surtout sans prendre la peine de dialoguer en profondeur avec la femme sur les besoins et les désirs sexuels de chacun, ni sur les projets d’enfant éventuels.

Or, l’utilisation d’une méthode d’observation des signes de sa fécondité, comme la méthode Billings, va enfin permettre à la femme de se connaître, de comprendre qui elle est vraiment et ainsi d’aider son conjoint à mieux la respecter. N’est-ce pas cela la véritable liberté ?

Et cette connaissance va se faire à plusieurs niveaux :

1/ Au niveau physiologique, la méthode Billings demande l’observation quotidienne de la glaire cervicale (voir explications sur la méthode), et son enregistrement dans un tableau. Cette « discipline » ( somme toute peu contraignante), va donner à la femme, et au couple, un moyen concret et objectif de constater le fonctionnement propre du corps de la femme : les observations seront le reflet objectif de tous les événements hormonaux survenant au cours du cycle de la femme (préparation à l’ovulation, période de fécondité, ovulation, période post-ovulatoire, saignements, etc…) : l’un et l’autre s’émerveillent alors de l’admirable « mécanique » du corps humain, en particulier le corps de la femme.

2/ Les observations permettent de repérer le fonctionnement normal ou anormal du cycle féminin, et ainsi un meilleur suivi de sa santé gynécologique. Le tableau peut fournir de précieuses indications au médecin sur un dysfonctionnement éventuel, qui aurait pu rester longtemps ignoré par exemple.

3/ La femme, et le couple, va aussi se rendre compte des répercussions du cycle sur son humeur et ses états d’âme, et donc sur les fluctuations du désir sexuel féminin.

4/ Le fait de s’appuyer sur les observations et d’appliquer les règles de prudence lorsqu’on souhaite différer une grossesse, va « obliger » le couple à un dialogue en profondeur pour mieux vivre et positiver les périodes d’abstinence (lien avec l’article sur l’abstinence). Peu à peu le couple découvre un autre univers d’expression de son amour, non plus uniquement en vue d’une union sexuelle, mais en utilisant toute la gamme des gestes de tendresse,  verbale et physique, au service de l’amour mutuel. Et tous ces efforts menés à deux aident grandement la femme à se sentir aimée et donc plus disponible et ouverte aux unions lorsque son désir est « apparemment » en berne ! Comme le conjoint connait le cycle de sa femme, il sait quelle attitude adopter, pour faire monter le désir de sa bien-aimée !

5/ La connaissance et l’observation du cycle féminin va aider les couples à concevoir un bébé au moment où il le souhaite. Bien des cas d’hypofécondité pourraient ainsi trouver une issue, si les médecins faisaient l’effort de mieux se former à ces méthodes d’observation du cycle !

6/ D’une façon générale, lorsqu’une femme prend la décision d’arrêter tout mode de contraception et d’observer sérieusement les signes de sa fécondité, elle acquiert progressivement une nouvelle « force » psychologique. L’accès à la connaissance de soi lui donne davantage d’assurance et de confiance en elle. Mais elle devient aussi plus indulgente avec elle-même. En  constatant que son corps fonctionne, en comprenant comment il fonctionne, et quelles en sont les conséquences sur son psychisme, la femme se réapproprie son corps, se « ré-unifie » en profondeur, devient elle-même véritablement. Elle apprend aussi à retrouver ses sensations corporelles, à reconnecter son cerveau et son corps, et pour cela à se recentrer sur l’instant présent, sans jugement. Elle réapprend la patience en voyant son cycle s’écouler, jour après jour, et en consignant ses observations dans le tableau. Et tous ces éléments sont très précieux dans le contexte actuel où nous avons toujours l’impression d’être sous pression, de courir et d’être pressés par le temps !